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  • Grégory-Yves Sédat

Puis-je me faire manipuler après une opération de hanche ou genou ?

Le réponse est OUI !

Yumeiho compte plus de 100 techniques par séance, également des manipulations douces et sécurisées en cas de pose de prothèses


Trois périodes à décrire :

a) la phase d'hospitalisation

b) la phase de convalescence

c) la phase de retour à la vie normale

a ) Phase d’hospitalisation

- D’une façon générale la mise au fauteuil se fera le soir ou le lendemain de l’opération et le début de la marche commencera également le soir ou le lendemain.

- Pour le confort du patient et son autonomie rapide il est conseillé de lever et recoucher l’opéré du coté opposé à l’intervention, en effet cette façon de faire permet de glisser la jambe tout en ayant le poids du bassin dans le lit. De même pour le retour au lit, il sera demandé de bien reculer le bassin le plus loin possible et vers les pieds du lit afin de pouvoir glisser vers le haut tout le membre opéré. L’autonomie rapide permet au sujet de pouvoir aller et revenir des WC, seul et ainsi il prendra confiance dans sa marche.

- La marche avec les cannes anglaises débute à J0 ou J1. Jusqu’à J4 , J5. l’apprentissage de la technique de marche permettra au sujet de se familiariser contrairement aux idées reçues avec le fait qu’il faut avancer la jambe opérée en premier et qu’il faut appuyer sur ce membre opéré !

- Dès ce principe réalisé, on introduit dans la rééducation de la marche le début de la proprioception afin d’obtenir une posture correcte.

- L’aide visuelle devant un grand miroir favorisera l’intégration du nouveau schéma corporel avec la réalité. D’une manière générale, le sujet découvre devant la glace qu’il est légèrement oblique du coté opposé à l’intervention alors qu’il se perçoit totalement vertical.

- Le patient pouvant sortir seul dans le couloir intégrera rapidement ce problème et veillera à le poursuivre sans contrôle visuel, tout en s’efforçant de regarder devant lui naturellement.

- Afin d’équilibrer les pas, on apprendra au sujet de faire reposer son membre inférieur non opéré, doucement, sans bruit, sans taper ; ce qui induit un effort un peu plus prolongé sur les cannes, lors du passage du pas.

- Durant cette période, la consigne sera de répéter souvent, mais pas longtemps.

- L’opéré se rendra vite compte qu’en fatiguant trop sa jambe opérée, en voulant trop marcher, sur de trop longs trajets, il reviendra vite dans sa posture de compensation.

- On a beau prévenir le sujet que sa prothèse lui permet dorénavant de retrouver une marche normale avec flexion de hanche, et que les muscles opérés sont fatigables, inévitablement , un jour , le patient nous dira qu’il a un peu mal, qu’il en a trop fait la veille !

- Cet incident permettra d’extrapoler sur l’avenir et de leur rappeler que :

- le périmètre de marche doit être augmenté progressivement

- l’introduction de la marche alternative doit se faire naturellement et sans douleurs.

- Tout dépassement de ces consignes trop brutalement n’entraîne non pas un renforcement musculaire mais au contraire une boiterie.

- La marche se fera donc dans les premiers jours en deux temps, il convient de récupérer la bascule du bassin avant de vouloir aborder la marche en alternatif.

Pour que l’appui soit correct sur le membre inférieur opéré, les appuis secondaires que sont les cannes doivent être bien présents. On veillera à ce que l’attaque du pas se fasse bien avec une flexion de hanche et non avec une antépulsion de l’iliaque concomitante à l’appui des deux cannes. Boiterie fréquente vers J 8, lorsque le patient va bien et confond vitesse et rééducation.

 Il est heureux de n’avoir plus mal à l’appui, mais il oublie que si ce point est bien sûr primordial, il doit être pérennisé par une marche correcte. Durant le séjour, le kinésithérapeute montrera de visu une prothèse totale, afin de familiariser l’opéré avec les mouvements à faire et surtout à ne pas faire.

 L’application pratique se fera durant le séjour avec la mise en place du talon des pantoufles à l’aide d’un chausse-pied long et rigide.

 La mise en latéro-cubitus sur le côté non opéré et avec un coussin entre les genoux permettra au patient à partir du jour3 et jour 4 d’apprécier de ne plus être sur le dos.

On apprendra à l’opéré comment ramasser un objet à terre en fléchissant sur le membre inférieur non opéré. On profitera de ce moment pour lui montrer la génuflexion ; genou du membre opéré vers le sol, afin de commencer l’étirement du plan antérieur. Cette génuflexion devra respecter la verticalité du tronc, et le genou touchera le sol lorsque l’étirement ne sera plus douloureux.

La montée descente des escaliers avec rampe et sans rampe sera pratiquée et signera la sortie prochaine de l’opéré.

La récupération musculaire se fera essentiellement avec la pratique de la marche. On pourra également être amené à montrer à l’opéré comment travailler ses muscles en statique.

b) Phase de convalescence

- De retour à la maison, l’opéré devra suivre les consignes apprises, le périmètre de marche augmentera progressivement et le sujet aura moins besoin de repos.

- Il a été formulé au patient que la marche alternative, meilleur façon de se déplacer interviendrait naturellement en fonction de la récupération musculaire de la cuisse opérée.

- A la fin de l’hospitalisation, le patient a pu constater que déjà l’appui sur les cannes était moins important que durant les premiers jours de marche. On profite de ce constat pour expliquer que comme naturellement l’appui sur les cannes s’adapte aux possibilités de charge du membre inférieur opéré, il suffit d’attendre afin que l’alternatif s’impose sans risquer de compromettre l’équilibre des pas et la bascule du bassin. Il est possible que certaines personnes, qui souffrent peu localement après l'opération, puissent débuter la marche alternative à J1 ou J2. Commencer cette marche alternative le plus tôt possible est préférable car c'est la marche naturelle. Cependant, il faut être capable de pratique cette marche alternative, c'est à dire sans avoir trop mal sur l'appui de la jambe opérée. Si ce n'est pas le cas, l'appui sera esquivé. Mieux vaut attendre quelques jours de plus pour débuter la marche alternative. Elle viendra naturellement.

- Si le sujet avait une bascule du bassin importante, afin de faciliter l’apprentissage de la marche, on peut être amené à demander au sujet de mettre une talonnette provisoire ou deux chaussures de talons différents sous le membre inférieur controlatéral d’une hauteur de moitié de la différence constatée.

- Cette talonnette doit être impérativement abandonnée dès que sentiment de marche facile, sans impression de descendre « une marche d’escalier » s’impose.

- Avant la visite post - opératoire le sujet marchera en alternatif en ayant l’impression de promener ses cannes, d’ailleurs il  aura tendance à les oublier facilement ; Ce qui nous prouve que la récupération musculaire est satisfaisante.

c) Phase de retour à la vie normale 

Après le contrôle du chirurgien, le patient est autorisé à marcher avec une canne ou sans cannes, suivant ses possibilités.

Si l’opéré ne marche pas bien, qu’il conserve une légère boiterie, il faudra s’interroger sur la nécessité d’une rééducation posturale.

   Trois volets sont à distinguer, même s’ils sont particulièrement imbriqués :

a) la récupération des amplitudes articulaires.

b) la récupération musculaire.

c)     la récupération de la verticalité

a) Récupération des amplitudes articulaires

Pour obtenir une normalisation des amplitudes articulaires de la hanche, du genou et de la colonne vertébrale, il conviendra avant tout de libérer :

- le plan antérieur de la cuisse.

- le plan latéral de la hanche opérée.

- le plan postérieur de la hanche et du dos.

- les plans rotatoires de la colonne vertébrale.

- le plan interne des adducteurs.

Cette normalisation sera obtenue en étirant sélectivement les chaînes musculaires rétractées en ayant pour soucis d’éviter toute compensation. La globalité de ce travail se fera toujours sous un rythme respiratoire relâché.

On pourra remarquer que dès la première séance en débutant la libération des adducteurs et les ischios jambiers de la hanche opérée, on obtient tout de suite un meilleur appui sur cette jambe opérée et une marche plus sécurisante. Le sujet se relève et se sent plus en contact avec le sol et affirme que sa marche est différente.

Il ne faudra pas oublier dans ce travail global la libération du membre inférieur controlatéral, en effet membre portant primordial avant l’intervention il est souvent raide et tonique.

Au fil des séances, la posture globale du sujet changera. Il se sentira mieux sur ses deux jambes. Si différence de longueur il y avait, le patient comprendra en sentant l’amélioration de sa posture que cette différence n’est pas au niveau de sa hanche, mais au niveau du bassin et de la colonne vertébrale. Ceci encouragera à poursuivre et surtout à faire les exercices de libération musculaire qui lui seront conseillés

Acteur de son confort, le patient surprendra par son investissement.

b) Récupération musculaire

Les fessiers étant essentiellement des muscles de la statique, il conviendra de

respecter leur physiologie principale donc, de proposer du travail statique.

Ce travail se fera debout devant une glace. On demandera un appui unilatéral sur le membre inférieur opéré. Si le moyen fessier est insuffisant, nous demanderons au début de faire cet appui unilatéral avec une abduction de l’épaule homolatérale avec plus ou moins de charge. (Bouteille d’eau) on remplira de moins en moins la bouteille d’eau en fonction du renforcement musculaire du plan latéral

Durant ce travail on acceptera toujours un déplacement latéral de la ligne médium du sternum vers le côté de la hanche portante. Celui-ci ne devra pas être excessif, mais plutôt se rapprocher du même déplacement lorsque l’appui se fait du côté sain.

Ce travail est montré au cabinet du kinésithérapeute, et facilement réalisable par le patient chez lui.

On sera peut-être amené à faire un travail spécifique du quadriceps si celui- ci reste amyotrophique malgré la reprise de la marche correcte.

L’être humain se tient debout et en mouvement. Il faudra donc bien observer la marche du patient afin de lui faire prendre conscience des défauts persistants :

soit : par faiblesse musculaire,

soit : par habitude.

soit : les deux.

Si on note une faiblesse du moyen fessier, il faudra persévérer le travail devant la glace, et la marche avec une canne en T.

Il est préférable de garder plus longtemps une canne en T du côté controlatéral que d’installer une boiterie.

Si défaut de marche par habitude, il faudra insister, expliquer, mimer la marche, afin que le sujet prenne conscience de ses possibilités, et surtout l’obliger à marcher doucement afin de se servir de son membre inférieur correctement et non pas comme un pilon.

L’entourage familial qui reprend le sujet lorsqu’il va trop vite et marche mal sera une aide précieuse pour les hommes. La coquetterie des dames à ne surtout pas boiter sera encore plus efficace.

c) Récupération de la verticalité

La libération des amplitudes articulaires et la récupération musculaire participent évidemment au retour de la verticalité, et ces deux étapes sont indispensables et doivent être faites avant de prétendre apporter un plus à cette verticalité.

L’objet du travail intéresse le corps dans son ensemble, mais le patient, aura le sentiment que l’effet est essentiellement sur la colonne vertébrale.

On utilisera surtout l’HAPTONOMIE ou l’approche de Frédérick Matthias ALEXANDER, pour réinformer le système limbique, bien mal mené par l’évitement de la douleur.

Conclusion

Une personne opérée d’une prothèse de hanche n’a plus mal, mais doit marcher correctement sans boiter.

Toute mauvaise posture doit être analysée pour essayer de donner au sujet les chances d’utiliser sa prothèse de façon optimum.

Les amplitudes articulaires sont libérées par le chirurgien qui pose un matériel prothétique performant.

Les muscles rétractés, les mauvaises habitudes qui ne lâchent pas d’elles mêmes durant la période de convalescence doivent être libérées par le patient lui même sous les conseils de son kinésithérapeute. Sans cela, la personne opérée s’éloigne de la verticalité naturelle et risque au fil des années d’aggraver sa posture et se retrouver avec des sciatiques, des cervicalgies difficiles, voir impossible à traiter.

N’oubliez jamais qu’une prothèse de hanche comporte deux temps :

Le premier temps opératoire, que vous confiez à votre chirurgien.

Le deuxième temps : équilibrage musculaire qui ne dépend que de votre volonté et de votre implication dans ce travail.


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